Dossier : Qu'est-ce qu'un bon entraineur ? Partie 2

A quoi reconnait-on un bon entraîneur en cyclisme ? Cette question, nous nous la posons à BRAQUET LIBRE. Bien sûr, il est impossible d’y apporter une réponse définitive. Néanmoins, le débat permet d’échanger et d’approfondir le point de vue particulier de chacun de nos coachs. Dans chaque article de ce dossier, un entraîneur BRAQUET LIBRE nous présentera sa vision de l’entraînement et nous partagera les réflexions qui l’animent au quotidien dans son métier. Aujourd’hui, c’est au tour de Rémy DEUTSCH de tenter de répondre à cette question : « qu’est-ce qu’un bon coach ? ».


Individualiser

Personnellement je ne crois pas au modèle d’entraînement unique. Souvent j’ai tenté d’appliquer une recette qui avait marché pour un coureur à un autre coureur. Et souvent ça n’a pas fonctionné. Ma conclusion est simplement que chaque sportif est unique et réagit à sa façon à l’entrainement. Pour bien entraîner il faudrait donc bien comprendre l’athlète mais aussi lui laisser une grande part d’initiative pour qu’il puisse exprimer sa singularité.

Accompagner l’athlète

Finalement je me vois plus comme un conseiller « vers la performance ». Le coureur doit être acteur de son entraînement. Moi je dois être là pour l’aider, le soutenir, lui partager des connaissances théoriques et lui apporter un regard extérieur. A mon sens, il est important de conserver un certain recul pour être un entraîneur performant. C’est aussi pour cela que le coureur doit s’approprier sa préparation. Le coach a assurément une part de responsabilité dans le résultat final, mais le principal responsable c’est évidemment le sportif lui-même. Et c’est parce qu’il est responsable qu’il va s’impliquer positivement dans sa préparation.

Un juste équilibre

Bien sûr ma posture doit aussi évoluer selon les cyclistes et les situations. Si je prône la responsabilisation de l’athlète, je dois aussi être capable de prendre les choses en main lorsque cela est nécessaire. Donc même si je privilégie une certaine approche, je dois pouvoir m’adapter et utiliser d’autres leviers quand je sens qu’ils seront plus efficaces pour la performance. Je vais par exemple être plus directif avec un jeune coureur ou lorsque je sens le sportif dans le doute par rapport au cap à donner à son entraînement.

Des connaissances théoriques et une expérience

Être un bon entraîneur, pour moi, c’est aussi, évidemment, avoir des connaissances solides et une expérience suffisante pour pouvoir bien conseiller le sportif. Pour comprendre une problématique liée à l’entraînement et proposer des solutions efficaces il faut, et c’est logique, avoir à disposition une quantité suffisante d’outils et de modèles théoriques et pratiques.

Maitrise des bases de la planification

Enfin je crois qu’une très grande partie de la réussite d’une planification réside dans la maîtrise des basiques de l’entraînement. En tant que coach, souvent, on aimerait découvrir une approche originale, révolutionnaire et très efficace. Mais inventer pour inventer, ça ne marche pas, j’en suis maintenant convaincu. Bien sûr, chercher à optimiser est important surtout à très haut niveau. Mais la réussite d’un plan d’entraînement ou d’une saison, ça se joue avant tout et très largement sur les fondamentaux : maîtrise de la charge d’entraînement et de la récupération, régularité, hygiène de vie etc.

Le mot de la fin

Pour conclure, un bon coach serait donc pour moi tout ça à la fois : Une personne sachant voir et comprendre le coureur dans sa singularité, sachant s’adapter aux différentes situations et ayant une grande maîtrise technique, notamment des fondamentaux de l’entraînement. Ça fait beaucoup de choses, on est d’accord ! Mais si je peux tendre vers ça, c’est déjà pas mal !

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