Le pignon fixe pour un hiver de qualité ?


Il y a peu de temps le pignon fixe était à jeter aux oubliettes. Pratique d’un autre âge, sans véritable intérêt. Mais comme la mode est cyclique, revoilà le pignon fixe sur le devant de la scène. Avec cette question qui demeure : gadget ou réelle utilité pour progresser ?


Le pignon fixe, qu’est-ce que c’est ?

Le contraire de la roue libre ! C’est-à-dire que le mouvement de la cassette n’est pas dissocié de celui de la roue, et inversement. Au final cela donne un vélo qui nous oblige à toujours tourner les jambes lorsque l’on est en mouvement. Attention donc aux freinages d’urgences ! Et on peut rajouter qu’il n’est pas possible de changer de vitesse sauf en changeant carrément de roue (généralement on préfère alors rester sur le même développement).

Les bénéfices à en tirer

Lors d’une séance en pignon fixe, il n’y a pas de possibilité d’arrêter de pédaler, dans une descente par exemple, comme vous pouvez le faire avec une roue libre. Vous travaillez donc davantage votre endurance musculaire pour un temps de sortie équivalent (comparé à une sortie avec un vélo traditionnel). Et comme vous ne pouvez pas changer de braquet, vous entraînez naturellement votre force dans les parties montantes et votre vélocité dans les parties descendantes. Au niveau mental l’investissement est également important car il faut être concentré. Sur la route, bien sûr, en anticipant les obstacles, mais aussi sur son coup de pédale.


Au final ces séances sont extrêmement qualitatives. En réalisant une séance d’endurance en pignon fixe vous développez donc, en plus de vos capacités aérobies, votre endurance musculaire, votre force et votre vélocité (donc votre puissance), ainsi que votre concentration.

Mise en application

Concrètement, voici quelques conseils pour bien utiliser le pignon fixe dans sa préparation :


-Le choix du braquet est évidemment important. L’objectif est d’être autour des 90-95rpm sur le plat en étant dans ses zones d’endurance (viser 70-85% de la FCmax). Et n’hésitez pas à faire évoluer votre développement au fil de votre progression.


-Concernant les parcours, nous préconisons d’utiliser un circuit type légèrement vallonné, avec de nombreuses lignes droites et des faux plats montants et descendants. Avoir ses repères sur la route permet de travailler sereinement et de sentir la progression au fur et à mesure de la préparation.


-Soyez également progressifs dans la durée de vos séances. Commencez par 1h puis augmentez petit à petit en fonction de vos sensations. Si vous utilisez toujours le même circuit vous pouvez augmenter le nombre de tours régulièrement.


-Cette pratique du pignon fixe peut également dépasser le cadre de la préparation hivernale et être poursuivie tout au long de la saison.


-Enfin, celui qui est l’aise seul peut aussi tenter l’expérience en groupe. Techniquement, mentalement et physiquement c’est encore un autre niveau… réservé aux experts !

Finalement

Le pignon fixe est donc loin d’être une pratique qui n’aurait plus sa place dans la préparation moderne. En effet, abandonner la roue libre le temps d’une sortie permet assurément de gagner en qualité sur une séance d’endurance. Ce qui est d’autant plus intéressant lorsque l’on manque de temps, comme la plupart d’entre nous.


Par Rémy Deutsch